Droits humains

Sylvie Fofana, une porte-voix pour les Auxiliaires Parentales

Elle assure sa sécurité en toutes circonstances, elle lui prodigue des soins d’hygiènes et l’aide à l’habillage. Elle  lui prépare le repas et l’aide à le consommer. Elle respecte son rythme, participe à son développement psychomoteur et à son éveil. Elle l’accompagne à l’école, à divers activités, et aide également l’enfant à faire ses devoirs. Parfois, elle fait quelques tâches ménagères. Tel est le quotidien d’une auxiliaire parentale. Appelées communément ‘’nounous’’ à domicile, les auxiliaires parentales apportent ainsi un soutien incontestable aux parents. Malheureusement, elles rencontrent parfois des employeurs véreux et sont confrontés à d’énormes difficultés  notamment, des congés impayés, des heures supplémentaires, et bien d’autres…

 Ayant été victime de licenciement abusif en 2009 à Paris, après dix-sept  années d’expérience dans ce domaine, l’ivoirienne Sylvie Fofana est profondément touchée par cet injustice. Elle met alors sur pied l’Association des Nounous d’Ile-de-France en Avril 2012, devenue plus tard le Syndicat National des Auxiliaires Parentales en France. Ce syndicat milite en faveur de toutes ces femmes qui exercent dans ce secteur.  La quarantaine révolue, cette originaire de Mankono, piste aujourd’hui plus de deux mille femmes de diverses nationalités dont des Françaises, Chinoises, Ivoiriennes etc.  

Depuis sa base sise à la bourse du travail 3, rue du château d’eau,  où elle assure une permanence du lundi au samedi, Sylvie Fofana reçoit et traite de nombreux cas avec succès, dans le cadre de ses priorités. Ce sont entre autres  ‘’aider les salariés du particulier employeur à faire respecter leur droits afin d’obtenir les mêmes droits que les autres salariés,  permettre aux auxiliaires parentales et aux autres salariés du particulier employeur d’échanger sur leurs conditions de travail. Puis, permettre aux auxiliaires parentales de se faire conseiller dans leurs relations avec leurs employeurs’’. Pour l’application effective de ces objectifs,  cette femme qui dit ‘’privilégier la négociation’’, organise des séances de formation pour les auxiliaires parentales, dont celle prévue pour le 29 octobre prochain dans les locaux de la bourse à paris.

Au chômage depuis son licenciement et mère de 3 enfants, Sylvie bénéficie à présent de la bonne volonté financière des siens, ce qui lui permet de vivre. « Je ne peux plus trouver du travail. Quel employeur m’introduirait dans son intimité? » S’est-elle interrogée, lors d’un entretien accordé à nos confrères de Jeune Afrique.  Parallèlement, cette diplômé en Secrétariat Bureautique  depuis l’année 1984 œuvre pour la scolarisation de la jeune fille, ce qui l’incite à la création de ‘’Woroba’’ en août 2011, une ONG d’aide aux parents du district du Woroba. Femme d’engagement, Sylvie Fofana ne compte pas s’arrêter là. En 2014, elle procède à la mise en place de la première Association des Salariés du Particulier Employeur de Côte d’Ivoire, en vue de sortir ce secteur du l’informel. Le 21 janvier 2016, cette femme d’élite voit finalement ses efforts récompensés. Elle reçoit une médaille d’honneur des mains de Danièle Bousquet. Elle est ainsi élevée au rang de chevalière de l’ordre de mérite français. 

André Malan

Marina Kouakou
Marina Kouakou, une étoile montante des médias ivoiriens. Journaliste engagée contre les violences basées sur le genre, elle est également une militante syndicaliste dans la profession qui prend ses marques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *