Rêve brisé

L’histoire, le chagrin, l’oublie : le récit troublant d’Edwige qui a su tirer son épingle du jeu !

Allongée au bloc opératoire d’une clinique sis à Cocody le 1 er novembre 2019, Edwige K se fait aspirer le contenu de son utérus et gratter légèrement les parois pour en déloger son contenu. Une intervention chirurgicale qu’elle subit à la suite d’une grossesse non évolutive (œuf clair), qui a duré trois mois. Un an plus, la jeune dame de 28 ans, se souvient encore de cette période sombre et douloureuse qu’elle vécut. Entre Choc émotionnel, traumatisme, rejet, absence de soutient du conjoint… elle livre dans ce récit, ces stratégies pour avoir su tirer son épingle du jeu.

Lorsqu’elle avance peu à peu vers le bloc opératoire, ce premier jour du mois de novembre, Edwige n’est pas sereine. Sa douleur mêlée de peur laisse entrevoir son visage pâle, crispé et anxieux. Son cœur bat la chamade. « Le premier novembre. La fête de la Toussaint. Cette intervention chirurgicale… Oh mon Dieu, je pourrais mourir !  », Chasse-t-elle incessamment de ses pensées.

 Un peu avant l’anesthésie générale, la communicatrice qui ne lâche pas son dizainier (bague religieuse) d’une seconde, ne peut oublier le soutient de son médecin traitant. « Il m’observait discrètement et est venu vers moi lorsque je fondais en larme. Il m’a touché l’épaule, me regardait droit dans les yeux et me remontait le moral. Il m’a même confié qu’il était probable de faire un enfant déformé si la grossesse arrivait à son terme, mais j’était plongées dans mes pensées», témoigne-t-elle.

Ses pensées s’étaient dirigées vers sa famille. Précisément son père, sa petite sœur, qui ignoraient carrément ce qui se passait. « Il ignore tout, pourtant j’ai laissé son numéro au cas où. Comment réagirait-il s’il recevait une mauvaise nouvelle ce soir ? Et ma petite sœur qui n’a que mon soutient pour tout ! Comment vivront-ils si le pire arrivait ? Me le pardonneront-ils ? » S’interroge-t-elle.

Un sourire du coin des lèvres lui échappe tout de même lorsqu’elle pense à son amie Brigitte, qui vient de la rejoindre et l’attend dans une salle. En effet, une heure auparavant, informée de tout, ‘’Bri’’ avait appelé pour s’assurer du bon déroulement des choses. Lorsqu’elle apprit qu’Edwige, se rendait toute seule en clinique, elle insista pour y être. « Tu as toujours été là pour moi. Je ne peux pas t’abandonner à ton tour », dit-elle lors du coup fil. L’aide-soignante venait ainsi de sacrifier son jour de repos pour son amie. Ce qui allait droit au cœur d’Edwige dont le léger sourire exprimait une petite gratitude.

Mais très vite, la jeune dame va renfrogner la mine quand elle pense cette fois à Junior ! Son petit ami qui vient de la laisser en cour de route. Au carrefour  de ‘’la vie’’ après avoir versé une partie de la somme demandée pour l’intervention. «  Il a vraiment la conscience tranquille », se demande-t-elle, tant elle n’en revient pas.

L’interrogation venait ainsi de déclencher des moments forts et inoubliables. Edwige remonte à nouveau dans le temps. Soit trois mois en arrière.  Une rétrospection qui ne l’empêche pas d’écraser des larmes à nouveau.

 « C’était comme si on m’avait mis le feu. J’ai pensé aux disputes qui se sont multipliées depuis le début, aux paroles insupportables… pour faire court je vais énumérer quelques-uns. Quand je lui annonçais la grossesse le 20 septembre 2019,  il m’avait clairement fait savoir que la nouvelle l’avait traumatisé et avait gâché sa journée.

 Il disait que j’avais fait la difficile en ne prenant pas la pilule. Portant je l’avais fait et 3 fois de façons successives pendant les mois passés. Au regard de ses agissements, c’était comme si je l’avais piégé. Il était distant. Il disait qu’il n’était pas content, cette situation avait altéré son amour. Sa vie professionnelle l’épuisait donc il n’avait pas le temps pour ces choses-là.

Quand on parlait par exemple de comment annoncer la nouvelle à la famille, il ne cachait pas ses préoccupations. Il était ferme. Il ne voulait pas que ma famille l’oblige à m’épouser. Il posait souvent la question de savoir ce que je ferais si j’accouchais et qu’il ne me mariait pas. Jusqu’à ce que je prenne l’initiative de me rendre à l’hôpital pour les premières consultations. J’ai assuré toutes les consultations, les échographies sans l’embrouiller…», s’en souvient-elle.

Puis, elle ajoute : « Le fait de me savoir enceinte de lui me mettait en joie, mais il me décourageait sans cesse. Déjà que mon corps subissait un changement irritable, je devais supporter ses paroles blessantes… Il s’en foutait des conséquences sur ma santé mentale et physique. Ils les lançaient Lorsque l’occasion se prêtait, même à la veille de l’échographie décisive….», détaille-t-elle.

A 7 semaines et 2 jours, précisément le 30 octobre 2019, le verdict tombe! La grossesse d’Edwige est non évolutive. « Après mon départ de la salle d’échographie, le médecin m’a rappelé pour une ré vérification avant de certifier qu’il n’y avait pas de bébé dans le sac. J’ai essayé de me retenir mais impossible lorsque j’entendais le médecin supplier le bébé de sortir de sa cachette, et me demander de rester sereine. Ce que j’a ressenti est inexplicable…

Lorsque je le lui annonçais il feint d‘être atteint, mais très tôt je su que c’était plutôt un soulagement lorsqu’il me laissait en cour de route sous prétexte qu’il avait peur. Il est ensuite allé rendre visite à ses cousines. C’est encore moi qui ait appelé autour de 15 heures pour indiquer la réussite de l’intervention.

Comment elle a pu surmonter cela ?

Edwige soupire. « C’était très difficile. Dans la grossesse et même après, je passais des nuits blanche. Je me sentais mal. Je pensais aux disputes, au rejet du bébé… Je n’avais personne à qui parler. Un fait qui me rappelait le décès de ma mère et d’une proche qui aurait pu jouer ce rôle de mère (Monique).

Après la grossesse, lorsque je revenais là-dessus en voulant évacuer un peu. Il ne faisait que dire que j’exagérais alors que tout c’était bien passé, je devrais passer à autre chose. Il a toujours refusé d’être une épaule de toute façon. Il est passé me voir puis est devenu distant à nouveau. Pendant des mois. Quand il a voulu parler, il a avoué cette distance à dessein pour ne plus me mettre enceinte. J’ai essayé de savoir pourquoi, il a dit qu’il n’était pas sur de me garder, il n’était pas prêt à se caser… Pourtant je l’aimais terriblement.

Je me suis investie davantage dans le travail, étant beaucoup occupée j’ai rarement le temps d’y penser. Voilà comment j’ai pu oublier un peu en décidant de ne pas l’en vouloir».

Si certaines femmes et jeunes filles croient que l’état de grossesse pourrait adoucir l’homme de mauvaise foi, agressif, méchant… qu’elles se détrompent.  »Ce n’est pas toujours le cas. Je raconte mon histoire.pour qu’elle prennent conscience de ce fait et qu’elles sachent quoi faire quand elles pensent qu’elles n’ont plus de force. je veux surtout qu’elles ne perdent pas de vu l’importance de l’autonomisation. Qu’elles comprennent qu’elles ont les ressources nécessaire pour être heureuses.

l’histoire peut paraître banal, mais à ma place plusieurs autres filles n’auraient pas pu s’en sortir. Elles auraient laisser la vie amoureuse déteindre sur leur vie professionnelle. Elles seraient à la recherche d’un autre homme pour leur redonner le sourire. Mais j’ai trouvé une autre voie et la meilleure. Je m’offre des voyages quand c’est nécessaire et j’excelle aussi dans mon travail », conseille-t-elle.

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MK

Marina Kouakou
Marina Kouakou, une étoile montante des médias ivoiriens. Journaliste engagée contre les violences basées sur le genre, elle est également une militante syndicaliste dans la profession qui prend ses marques.

One Reply to “L’histoire, le chagrin, l’oublie : le récit troublant d’Edwige qui a su tirer son épingle du jeu !

  1. Ceci est un conseil pour toutes ses personnes qui espèrent vivre l’amour sans toutefois l’éprouver.
    Pour elle, le poing est resté levé, mais pour d’autres la dépression prend place.
    Il serait judicieux pour tous de faire place à l’intuition et l’épreuve des coeurs avant de s’engager et projeter une vie en couple.

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