Société

Côte d’Ivoire: les femmes bloggueuses et web-activistes à Jacqueville pour lutter contre les discours de haine

I. Contexte et justification
En Côte d’Ivoire, internet compte aujourd’hui plus de quinze millions d’utilisateurs et est le canal par excellence de diffusion d’informations pour la majorité de la population qui est jeune. Cette expansion du réseau internet reste une force pour la gestion et la vérification de l’information grâce à une couverture de plus de 60 pourcent.
Les habitués ont au moins un profil sur Instagram, Whatsapp, Twitter et surtout sur les plus célèbres des réseaux sociaux: Facebook. Sur la toile tout est diversifié, mais l’objectif est partout le même: découvrir, apprendre, échanger, et avoir ou offrir une visibilité afin de toucher un maximum de personnes.


ATELIER DE RENFORCEMENT DE CAPACITES DU RESEAU DES FEMMES
WEB-ACTIVISTES ET BLOGUEUSES ENGAGEES CONTRE LES DISCOURS DE HAINE


Néanmoins, les réseaux sociaux sont devenus aujourd’hui l’espace idéal pour la contribution à la désinformation pour manipuler ou impacter les décisions collectives.
Ces discours se manifestent de plus en plus à travers les réseaux sociaux en ligne dont l’usage a connu une croissance ces dernières années. En effet, les réseaux sociaux sont devenus un canal de l’accès à l’information et un canal de communication aussi bien pour les citoyens que pour les potentiels candidats aux élections et leurs états-majors.
Sous l’aspect culturel, la médisance, les propos grossiers, les règlements de comptes sur les réseaux sociaux, que nos jeunes appellent « mal parlage » dans l’argot ivoirien est perçus comme une marque de fabrique des
ivoiriens sur les réseaux sociaux mais il s’avère urgent d’en ressortir les conséquences et mettre en évidence l’image de jeunes citoyens responsables, capables d’avoir des débats constructifs avec des opinions
divergentes.
Dans la dynamique de conquête de l’opinion, ces messages polarisants constituent une source potentielle de résurgence des tensions socio-politiques qui pourraient, à terme, fragiliser la cohésion sociale dans le
pays et affecter les importants acquis en matière de consolidation de la paix.
Cette envie de prendre contrôle du terrain pousse de nombreux partisans et sympathisants à sombrer dans la divulgation des fakes news sur internet allant jusqu’à cultiver de la méfiance et l’animosité au sein des populations.
Dans ce contexte, le système des Nations Unies, à travers le PNUD, met en œuvre un projet intitulé « Mise en place officielle des femmes blogueuses engagées contre le discours de haine.». Financé par le Fonds des
Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (UN-PBF), ce projet vise à contribuer à réduire les risques de violences liées aux discours d’incitation à la haine et à la diffusion de fausses informations à travers une
implication active des jeunes (hommes et femmes) dans la prévention et la résolution des conflits. De façon générale, il s’agit de renforcer les capacités des jeunes en matière de gestion de l’information, d’identification des discours d’incitation à la haine, de formulation de propos alternatifs, contribuant ainsi à leur implication active a prévention et gestion des conflits et à la cohésion sociale.
Plus spécifiquement, ce projet vise à : accompagner le plan d’action des jeunes femmes web-activistes et blogueuses dans la lutte contre les discours de haine en ligne élaboré à l’atelier de Bassam et à renforcer leurs capacités afin de contribuer à la consolidation de la cohésion sociale. Former et mettre en place un réseau de blogueuses sur la spécificité capable de contrer les messages de haines.
Sensibiliser les jeunes leaders des partis politiques, les influenceurs et blogueurs des réseaux sociaux et les journalistes actives dans la prévention et la gestion des conflits socio-politiques notamment dans un contexte électoral.

II. Objectifs de l’atelier
L’objectif principal de cet atelier est de renforcer les capacités des femmes web-activistes et bloggeuses pour contrer les discours de haine afin de renforcer les synergies pour la cohésion sociale.
De façon spécifique, il s’agira de :
● Approfondir les connaissances de 40 web activistes et bloggeuses sur leur rôle et les conséquences
des discours de haine
● Outiller 40 bloggeuses et web activistes sur l’identification des typologies de la désinformation et
leurs dangers sur la cohésion sociale de même que sur les techniques de vérification de l’information
● Sensibiliser 40 bloggeuses et les web activistes sur les lois et la culture politique;
● Outiller 40 bloggeuses et Web activistes à une meilleure résilience et réponse face à la
désinformation et aux discours d’incitation à la haine au travers d’ une cellule de veille;

● Élaborer et mettre en place une campagne digitale afin de prévenir la désinformation et les
discours d’incitation à la haine en ligne et promouvoir la paix et la cohésion sociale.
III. Résultats attendus
Au terme de l’atelier :
● 40 bloggeuses et web-activistes sont sensibilisées sur leur rôle et les conséquences des discours de
haine
● 40 bloggeuses et web-activistes ont une compréhension commune de la désinformation et son
impact négatif sur le maintien de la cohésion sociale et sont outillées sur les techniques de
vérification de l’information
● 40 bloggeuses et web-activistes ont une meilleure connaissance de la culture politique et
l’engagement citoyen sans incitation à la haine ;
● 40 bloggeuses et web-activistes ont une meilleure résilience et réponse face à la désinformation et
aux discours d’incitation à la haine au travers une cellule de veille;
● 40 bloggeuses et web-activistes conçoivent une campagne digitale afin de prévenir la
désinformation et les discours d’incitation à la haine en ligne et promouvoir la paix et la cohésion
sociale.

IV. Méthodologie
L’atelier de réflexion se déroule sur deux journées. L’approche employée lors de cet atelier est participative afin de permettre aux participantes de contribuer pleinement aux débats, à l’identification des problématiques et la détermination des solutions appropriées pour prévenir les discours de haine, la désinformation et les conflits socio-politiques. La méthode de l’apprentissage par l’action permettra aux participants de mieux maîtriser les outils pertinents en matière de prévention des discours de haine, de la
désinformation et des conflits et en matière de promotion de la tolérance et de la cohésion sociale.
L’atelier se structure en différents modules alliant des communications succinctes, des sessions d’échanges et de discussions, de réflexions collectives à bâtons rompus (brainstorming), ainsi que des exercices
pratiques et des mises en situation.
Les recommandations issues de ces échanges permettront de disposer d’approches harmonisées dans la conduite des activités de renforcement de l’implication des femmes web activistes et blogueuses dans la prévention des discours de haine et les conflits socio-politiques.
Dans l’optique de faire respecter les mesures barrières édictées par le Gouvernement pour freiner la propagation de la COVID-19, le PNUD mettra à disposition des participants des cache-nez et des gels mains dans la salle de formation.

V. Lieu et durée
L’atelier se tient à Jacqueville sur deux journées et trois nuitées, du vendredi 23 avril au dimanche 25 avril
2021.

#REFWADHA#STOP_AUX_DISCOURS_DE_HAINE#ENSEMBLECONTRELAHAINE

TDR

Marina Kouakou
Marina Kouakou, une étoile montante des médias ivoiriens. Journaliste engagée contre les violences basées sur le genre, elle est également une militante syndicaliste dans la profession qui prend ses marques.

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