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Lettre ouverte aux forces de l’ordre ivoirien : soyez avec nous et non contre nous

Je n’ai nullement l’intention de vous faire la leçon de moral, mais il faut bien en parler pour que les populations ivoiriennes ne revivent plus ces situations désagréables, stressantes, et traumatisantes.  (Violences basées sur le genre, bavures…)

Je suis certaines que vous le savez déjà puisque la toile en parle depuis hier. En effet, le 9 mai 2021, dans l’après-midi à Adjamé (Abidjan) où tombaient de fines goûtes de pluie, des hommes en tenue, ont bastonné une jeune journaliste soit « 6 jours après la célébration de la journée mondiale de la presse autour du thème, l’information un bien public’’, et deux mois après la célébration de la journée internationale des droits des femmes ‘’, comme l’a si bien fait remarquer le communiqué de la plateforme le Salon des jeunes femmes et citoyennes journalistes de Côte d’Ivoire, que je dirige depuis peu.  

« Ils m’ont tirée et violentée »

Les faits. Selon Diane Kablankan, la victime « il y a avait une cohorte d’élèves gendarmes, je me suis arrêtée pour en savoir plus. C’est là qu’ils m’ont tirée et violentée après avoir dit ceci : « tu es trop jolie, passe ici. J’avais tellement mal que je me suis mise à pleurer, ils ont récidivé sous prétexte que j’étais encore sur les lieux… », m’a-t-elle précisé dans nos échangent téléphoniques.

« Les jeunes soldats n’ont pas été tendre avec tous ceux qui croisaient leur chemin »

Après des investigations menées, la consœur de ‘’Ovajab média’’ n’est pas la seule victime. Il semble qu’à ‘’Liberté’’, et à la ‘’gare nord’’ toujours dans la même commune, les jeunes soldats n’ont pas été tendre avec tous ceux qui croisaient leur chemin, et les témoignages sont légions. « Hier à la même heure non loin du quartier ‘’220 logements’’, ma maman était à bord d’un véhicule avec mon frère. Ils ont stoppé le véhicule. Et mis le gaz lacrymogène dans le visage de ma maman, le gaz l’a étouffée, heureusement qu’elle avait de l’eau sur elle, sinon…… Ils ont frappé mon frère parce qu’il s’opposait à cela. Le comble, ils ont épargné le chauffeur parce qu’ils le connaissent », témoigne Audrey Assi, une jeune internaute.

« Je suis un témoin oculaire de cette barbarie faite par des gendarmes en fin de formation. D’autres mêmes sont entrés à la gare nord pour frapper les clients de la Sotra », explique un autre internaute qui affirme avoir tout vu.

Vous vous souvenez également de la période de confinement en 2020, du fait de la covid 19 ?  

Les populations qui avaient le malheur de se retrouver en dehors de leur toit à l’heure du couvre-feu instauré pour endiguer la pandémie, étaient sérieusement bastonnées. Là encore, les violences policières constatées à cette période ne laissaient personnes indifférentes. La peur de la maladie y compris la crainte des forces de l’ordre censés protéger et aider la population a traumatisé plus d’un… Les vidéos qui circulaient sur la toile étaient assez effrayantes. Quand on obligeait certaines personnes à danser sans musique avant d’être bastonnées, d’autres personnes du même sexe étaient obligées de s’embrasser contre leur gré…

A titre d’exemple, je pense que je vais m’arrêter là, au risque de ne point terminer cette lettre.

« Soyez avec nous et non contre nous »

S’il vous plait, maintenez l’ordre et assurez la sécurité des communautés et des individus comme il le faut. Ce devoir est le vôtre.  Les populations doivent pouvoir ressentir une paix intérieur en vous apercevant et non le contraire.

Certes une enquête est annoncée suivie de sanction après ce qu’a subi la consœur, mais nous ne voulons plus jamais vivre ces situations.  

Afin que tout cela cesse, (bavures, VBG…), j’en appelle à votre sens de l’honneur et responsabilité.  Rehaussez l’image de votre métier et surtout défendez les populations comme il se doit. Soyez avec nous et non contre nous.

Une jeune bloggeuse qui souhaite que les choses s’améliorent…

Marina Kouakou
Marina Kouakou, une étoile montante des médias ivoiriens. Journaliste engagée contre les violences basées sur le genre, elle est également une militante syndicaliste dans la profession qui prend ses marques.

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