Société

Grossesse et handicap: Pourquoi la majorité des gynécologues optent pour la césarienne?

En Côte d’Ivoire, la majorité des gynécologues optent pour l’accouchement par césarienne lorsqu’ils reçoivent en consultation prénatale une femme en situation de handicap moteur.


La Présidente de l’Union Nationale des Femmes Handicapées de Côte d’Ivoire, Anne Cécile Konan, indique que cette méthode « peut plaisante » est adoptée pour plus de « prudence ».


« En 2006 nous avions constaté que quand une femme enceinte en situation de handicap se rend à l’hôpital pour l’accouchement elle est automatiquement soumise à une césarienne. Or la césarienne à cette époque n’était pas gratuite. Les personnes en situation de handicap n’ont pas nécessairement les moyens d’assumer les frais des soins. Certaines ne se rendaient plus à l’hôpital et décédaient ensuite. Nous avons approché le PNUD qui a facilité une rencontre avec les gynécologues afin de nous expliquer les raisons de leur choix, puisque des femmes handicapées réussissent tout de même à accoucher par voie basse. C’est ainsi qu’ils ont expliqué cette option .


Ils disent être prudent car le bassin d’une femme en situation de handicap est déformé. Si l’enfant vient et se dirige vers le côté court, cela va engendrer des problèmes. S’il vient par le côté long la femme peut accoucher par voie basse. Mais, pour ne pas prendre de risque puisqu’ils ne peuvent pas prédire à l’avance le côté par lequel l’enfant viendra, ils préfèrent la césarienne pour éviter les mortalités ». A-t-elle détaillé le jeudi 2 septembre 2021, lors d’un échange entre les journalistes et les organisations de la société civile des personnes handicapées. L’échange s’est tenu, dans le cadre d’un atelier de formation oragnisé par Internews Medialab au Plateau les 31 août, 1 et 2 septembre 2021, à l’endroit de 30 journalistes. Cette initiative visait à former les acteurs des médias sur les questions liées au handicap dans les médias, en vue d' »mener la population ivoirienne à avoir un regard nouveau sur la question du handicap ».

Poursuivant son intervention, la Sécrétaire générale de la Fédération des Associations pour la Promotion Sociale des Handicapés de Côte d’Ivoire ajoute: « Cette situation ne nous a pas plus. Mais nous avons par la suite sensibilisé les femmes pour qu’elles puissent accepter la situation. Puisque tout le monde n’a pas les moyens nous avons salué l’annonce de la césarienne gratuite en Côte d’Ivoire, mais dans la pratique je ne peux pas le garantir », a-t-elle dit ensuite.


Outre cet aspect, la session d’échange entre les organisations de la société civile des personnes handicapées et les journalistes était principalement axée sur les initiatives et aides des hommes et femmes des médias en faveur des personnes handicapées .


« Ce que nous attendons de vous journalistes, c’est d’amener la population à avoir un regard nouveau sur la question du handicap. C’est une question sociale, comme toutes les autres d’ailleurs. Qu’elle considère de plus en plus les valeurs que nous pouvons apporter pour le développement de notre société »-ont-ils plaidé à l’unanimité.
Selon la Représentante d’Internews, Jackie Njagi LIDUBWI, ce programme de formation  » sanctionné par un diplôme de participation se déroule dans quatre pays africains ». Il s’agit notamment du Liberia, la République Démocratique du Congo (RDC), la Tanzanie et de la Côte d’Ivoire.

Marina Kouakou
Marina Kouakou, une étoile montante des médias ivoiriens. Journaliste engagée contre les violences basées sur le genre, elle est également une militante syndicaliste dans la profession qui prend ses marques.

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