le Coordonnateur du projet, Yannick Anacky lors du point de presse
Droits humains

L’OIDH identifie 85% cas de violences en ligne à l’égard des femmes politiques en Côte d’Ivoire

Dans le cadre de la mise en œuvre de la seconde phase du projet de monitoring de la désinformation en Côte d’Ivoire, projet mis en œuvre par l’Observatoire  ivoirien des droits de l’homme (OIDH), « 85% cas de violences en ligne à l’égard des femmes politiques en Côte d’Ivoire » ont été identifiés sur la période du 1er décembre 2021 au 15 janvier  2022.

L’information a été rendue publique par le Coordonnateur dudit projet  Yannick Anacky ce mardi 25 janvier 2022 au cours d’un point de presse  tenu au siège de l’organisation dans la commune de Cocody.

Selon lui, ces violences issues de 21 plates-formes Facebook sont à « 96,50% d’ordre psychologiques et à 3,50%  d’ordre sexuelles ». Elles ont particulièrement touché 10 femmes. Mais quatre d’entre elles ont reçu le plus grand nombre de violence en ligne. Il s’agit de Bro Grébé, Kandia Camara, Simone Gbagbo et Belmonde Dogo.

« Mme Bro Grébé a été la femme engagée en politique la plus invectivées de la période. La virulence des propos portés à son encontre, a été caractérisée par des attaques sur son physique et des diabolisations qui ont atteint leur paroxysme à travers des menaces d’agression physique.

Mme Kandia Camara a été réduite, au cours de cette période, à l’un de ses traditionnels clichés de femme inculte dont la présence au sein du ministère des affaires étrangère et du gouvernement résulterait d’une erreur de casting.

Mme Simone Gbagbo a pour sa part fait l’objet d’invectives qui se résument en des animalisations, diabolisations et surtout des attaques sur sa situation matrimoniale.

Enfin prenant pour prétexte son célibat, Belmonde Dogo a été elle aussi en proie à des diatribes visant sa situation matrimoniale », a détaillé le conférencier.

En vue de réduire les impacts de ces violences en lignes, l’OIDH a formulé des recommandations à l’endroit du gouvernement ivoirien, les acteurs politiques, les administrateurs des plateformes à caractères politiques et pages de proximité, aux acteurs des médias publics et sites d’information en ligne, ainsi qu’aux acteurs de la société civile.

Le gouvernement ivoirien devra entre autre sensibiliser sur la violence à l’égard des femmes en politique en tant que problème pour la démocratie, les droits de l’homme et l’égalité des sexes ; former les acteurs étatiques et le grand public aux problèmes des violences contre femmes en politique.

Les acteurs politiques devront sensibiliser et former leurs militants et abonnés sur les bonnes pratiques démocratiques ; sensibiliser les partisans sur les violences à l’égard des femmes en politique en tant que problème pour la démocratie, les droits de l’homme et l’égalité des sexes.

 Les administrateurs des plateformes à caractères politiques et pages de proximité devront à leur tour élaborer une charte commune incluant des sanctions contre les membres de leur fora qui publient des discours haineux, xénophobes, sexistes ou fausses informations de nature à troubler l’ordre public. Et veiller à une modération rigoureuse des contenus publiés sur leur fora de discussion.

Les acteurs des médias publics devront davantage produire des articles sur les questions de violences contre les femmes engagées en politique pour informer et sensibiliser les populations.

Quant aux acteurs de la société civile, ils sont invités à promouvoir l’éducation aux médias, et sensibiliser les populations sur les violences en ligne contre les femmes engagées en politique.

Cette initiative est mise en œuvre par l’OIDH depuis juin 2020 grâce à l’appui financier du National Democratic Institute (NDI). Elle vise à atténuer l’impact des fausses informations sur le processus politique et attirer l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur la désinformation, sur les violences en ligne visant les femmes engagées en politique.

Marina Kouakou
Marina Kouakou, une étoile montante des médias ivoiriens. Journaliste engagée contre les violences basées sur le genre, elle est également une militante syndicaliste dans la profession qui prend ses marques.

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